A la découvert du blues, une musique, une histoire, une danse

Après le charleston, les claquettes et le Lindy hop (évidemment !), je vous parle aujourd’hui de blues. Parce que oui, le blues se danse. Pour commencer l’année sur le bon pied (avec une activité agréable et sportive) ou pour développer votre pratique de la danse, Brotherswing vous propose d’apprendre le blues lors d’ateliers exceptionnels dès janvier 2018. (Infos à suivre prochainement!) 

Vous ne pouvez pas attendre janvier? Vous avez raison! Venez découvrir le blues et le slow lindy lors de la All night loft de Brotherswing. Quelques éléments d’histoire sur cette dance méconnue.

Le blues, une musique

Tout le monde connaît le blues, la musique. Issu des plantations, il est l’évolution du chant et des mélodies des esclaves, mélange de traditions africaines et de complaintes européennes.

Le Delta du Blues, N-O du Mississippi

Il est né dans la région du Delta (Nord-Ouest du Mississippi) et s’est développé après l’esclavage. Les conditions de la liberté acquise par les noirs ne sont pas celles espérées. Le blues est la forme poétique et musicale de la déprime collective des anciens esclaves émancipés.

Le terme devient d’ailleurs le synonyme de cafard…. Cette musique racontait alors la misère économique ou affective (Empty Bed Blues), la prison (Penitentiary Blues), l’errance (Homeless Blues), l’alcoolisme (One Scotch, One Bourbon, One Beer).

A la fin du XIXème siècle, début XXème ce genre musical ne s’entend que dans le sud des Etats-Unis. C’est le chef d’orchestre William Christopher Handy qui le découvre lors de ses tournées dans le Sud. Il s’en inspire pour écrire Memphis Blues en 1912. Un couplet de 20 mesures et un blues de 12 mesures. La mode était lancée.

Ce Memphis Blues peut paraître rapide pour un blues. C’est tout simplement parce que le blues n’est pas défini que par un rythme lent mais surtout par ses 12 mesures. Le blues tel que les danseurs le connaissent et l’expérimentent est un mélange de rythmes lents, plaintifs sur une structure musicale de 12 mesures.

La naissance progressive du blues comme danse

William Christopher Handy raconte d’ailleurs que la première fois qu’il a joué St Louis Blues, les danseurs pratiquaient le one-step ou le two-step. Ces deux danses de l’époque étaient contemporaines du foxtrot, du peabody et du tango (très en vogue alors).

Lorsque Frankie Manning (si vous ne savez pas qui est Frankie Manning, c’est par ici!) était un jeune homme épris de danse et avide de découvertes, au début des années 1930, les danses lentes étaient assez à la mode. Le blues était une interprétation libre du ballet. Il se dansait lors des rent-parties (des soirées tenues chez un particulier où l’entrée était payante et servait à payer le loyer). Notre célèbre danseur de Lindy hop raconte d’ailleurs :

« En ce temps là, quand la musique était lente, on tenait la fille bien serrée. (…) Les gars et les filles étaient collés ensemble avec uniquement le haut de nos corps qui se balançait et nos pieds qui bougeaient de quelques centimètres d’un côté à l’autre dans un slow drag. »*

Les danseurs noirs de Chicago utilisent le terme de « slow dragging » jusqu’aux années 1940. A partir des années 1960, c’est le terme de « belly-rubbing » (littéralement « frottement de ventre) qui est utilisé pour parler des danses lentes. Dans les années 1970, les noirs comme les blancs utilisent le terme « slow dancing » lorsqu’ils parlent d’une danse vraiment très rapprochée. Evidemment, le lien entre les partenaires définit le degré de rapprochement dans la danse et ce rapprochement varie largement en fonction des différents niveaux de maîtrise des styles et des pas.

La danse blues comme genre et pratique sociale n’a jamais retenu l’attention de l’Amérique blanche, comme l’a été le Lindy hop ou le charleston. Elle a prospéré dans les bistros enfumés et les rent-parties, lui donnant son côté intime.

La redécouverte du blues

La renaissance du Lindy hop dans les années 1980-1990 (notamment grâce aux Harlem Hot Shots de Stockholm) a attiré l’attention sur les autres danses du jazz vernaculaire de la première partie du XXème siècle. Lors d’événements de Lindy hop, des salles de blues étaient ouvertes pour accueillir les danseurs jusqu’au bout de la nuit. Une manière plus calme de finir une soirée endiablée par les nombreux swing out.

La manière de danser le blues s’est diversifiée avec la musique diffusée. Les corps se sont écartés pour laisser place à une nouvelle interprétation du blues.

Rija qui danse le blues depuis 6 ans et l’enseigne (c’est lui qui fera l’initiation avec Elise lors de la All night loft blues and slow lindy) explique :

« Le blues est une danse beaucoup plus accessible que le Lindy, un peu moins technique au début. D’ailleurs, c’est plus facile de commencer le blues quand on n’a jamais dansé avant. Pour les lindy hoppers, danser le blues permet d’accéder à de nouvelles connexions en position fermée. Ça permet aussi d’appréhender d’une façon différente, les musiques lentes. »

Et si vous hésitez encore….  Rija rassure. « Le blues est une danse assez rapidement accessible et très agréable sans se prendre la tête. » La sensualité ou le rapprochement n’est évidemment pas obligatoire !! « Chacun vit la danse à sa manière. Le mouvement et le rythme du blues sont très agréables mais j’apprécie surtout la liberté de créativité qu’on ressent dans la danse. Je pense que, lorsqu’on se fond dans la musique et qu’on trouve une alchimie avec son partenaire, le côté sensuel de la danse est totalement occulté. »

Nouveauté :

Session blues 7 séances du jeudi 15 mars au jeudi 26 avril ==> inscriptions en cliquant sur le lien

Pour découvrir Elise et Rija

 

* extrait de Frankie Manning, l’ambassadeur du Lindy hop, Frankie Manning, Cynthia R. Millman

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